Aleksander-Ceferin

Je m'étonnais la semaine dernière quant à la minéralité de la communication du paris saint germain , face d'une part aux "vapeurs" médiatiques des sieurs aulas et tebas , qui de chaque coté des pyrénées se sont lancés dans une stratégie symétrique et résolument malfaisante , assénant à chaque micro tendu les mêmes délires , probablement dans l'espoir d'en faire , par la grâce de la répétition , des vérités aux oreilles d'un grand publique peu au fait de la technicité du financial fair play ; mais plus encore , j'étais inquiet de la forme d'inertie qui habitait l'état major parisien face aux bruits de couloirs pour le moins anxiogènes venus de nyon , et plus particulièrement des déclarations de MR Aleksander Ceferin , président de l'UEFA de son état . 

Mr Ceferin a en effet indiqué ces derniers jours , lors de prises de paroles publiques , que l'UEFA  se devait , entre autre , de garantir que les règles du fair-play financier soient respectées , soulignant au passage que personne n'etait au-dessus des lois ( sauf peut être l'instance elle même , mais on y reviendra ) , et que les clubs qui participaient  à ses compétitions devaient subir un traitement égal ; plus inquiétant encore , ce monsieur serait l'auteur en off , selon le journal L'EQUIPE du 11 septembre , de la sentence suivante : " Si je veux être aussi populaire que Michel (Platini ) , je sais que je dois exclure le PSG des coupes européennes " .

Évidemment , il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que tout cela n'annonce rien de bien exaltant , et a plutôt tendance à valider la théorie défendue ici même dans les deux billets traitant du financial fair play , et qui évoquaient la probable machination mise sur pied  par l'UEFA , véritable bras armé  des clubs dits historiques , qui voient dans l'avènement d'un nouveau mastodonte européen , une révocation de l'ordre établi séculairement .

Devant cette lame de fond médiatique , le paris saint germain a enfin réagi , par la voix de son président nasser el khelaifi , qui dans une ITW au daily telegraph a répété de manière très ( trop ) décontractée que le club était "clean" , qu'il avait jusqu'au 30 juin 2018 pour se conformer aux règles du FPF , que le marketing a évidemment explosé grâce à l'arrivée de neymar , qu'il allait engendrer des rentrées de liquidités substantielles , et que tous les supports générateurs de revenus étaient en progression exponentielle ; bref , le minimum syndical de la part du président d'un club en état de siège , et qui n'a peut être pas encore compris qu'il s'agit la d'une guerre dont le paris saint germain est donné perdant par une majorité de bookmakers .

 

Joyeux-anniversaire-PSG-45-ans-déjà

Je pense pour ma part qu'il est temps que quelqu'un ou qu'une entité , et vu les derniers développements de cette affaire , tout porte à croire que le PSG  soit de-facto désigné pour en endosser le costume  , s'attaque de manière frontale à la validité du financial fair play , et pose enfin les questions qui fachent à MR Ceferin , des questions que lui et les clubs historiques n'ont probablement pas envie d'entendre car elles révéleraient au grand jour les failles béantes du FPF , une règle conçue avant tout pour sacraliser l'entre-soi .

J'ai eu l'occasion d'effleurer la question dans un des billets précédents , mais tant que le financial fair play n'intégrera pas dans son mode de calcul les multiples inégalités qui existent entre les différentes ligues européennes , son application n'aura de fair play que le nom .

Un bref retour en arrière nous indique que les clubs espagnols ou italiens par exemple , ont construit une grande partie de leurs puissance actuelle grâce à la dette , il nous alarme aussi sur le fait que des clubs comme l’Atletico Madrid (213 millions de dettes pour 211 de budget)* , Valence (200 pour 130)* ou encore l’Inter Milan (283 pour 200 millions)* , sont totalement exsangues économiquement parlant , et ne pourraient prétendre à participer aux compétitions européennes s'ils devaient se soumettre à une régulation plus pertinente .

En italie , on trouve le décret "salva calcio" , permettant aux clubs un remboursement sur 10 ans de la dette , auquel il faut ajouter d'énormes déductions fiscales  , et que dire de la premier league , ou un club comme chelsea a accumulé un endettement colossal pendant ses années folles , et que son oligarque de propriétaire a fait disparaître par un savant tour de passe-passe qui a consisté à transformer ce fardeau en prêt gratuit ( sans intérêt ) de la part d'une de ses autres sociétés ?

Dans un autre registre , que doit-on penser du dopage économique obscène représenté par les droits télé en premier league , il est vrai acquis grâce à un réel savoir faire marketing et à un positionnement précurseur sur les marchés asiatiques et américains , mais qui n'ont objectivement aucune connexion  avec le niveau sportif réel de ses clubs , engendrant une anomalie  qui permet actuellement à la BPL de reverser plus de revenus au relégables de ce barnum pour gogos asiatiques qu'au champion de France ?

 

mettons les inégalités au coeur du débat sur le FPF !

 

Enfin , le FPF n'aborde évidemment pas la question , ô combien cruciale , des inégalités fiscales à l'echelle européenne , qui conduisent aujourd'hui un club comme le paris saint germain  à payer tous les ans , un excédent d'environ 100 millions d'euros de charges diverses par rapport au real , au barca ou à manchester city .

Ce bref récapitulatif de tout ce que le financial fair play omet de prendre en compte dans ses savants calculs , montre assez clairement que l'instances européennes s'est muée , sur cette question précise , en une sorte de grand ministère de l'occultation , promulguant une règle imparfaite mais surtout injuste à dessein , servant avant tout les intérêts de la baronnie historique du football européen .

L'UEFA , si elle veut restaurer sa crédibilité , doit mettre la question des inégalités au centre du débat politique dans le foot , et trouver des solutions qui soient acceptables par tous , et de nature à améliorer la condition de la majorité des clubs européens , et pas seulement son aristocratie .

 

PS : * chiffrres de la saison 2015/2016 .